Chers Frères Anglais

Mes Chers Frères Anglais

Merci !

Du fond du cœur, merci…

Merci d’avoir eu le courage de révéler au monde l’indécence et la petitesse des manœuvres politiciennes pour qui, depuis toujours, « la fin justifie les moyens »…

Car, en fait, ce n’est pas sur le Brexit que vous vous êtes prononcés.

C’est ce que vous avez cru pourtant…

C’est surtout ce qu’on vous a fait croire…

Vous vous êtes prononcés sur la difficile réalité de votre quotidien.

Et le référendum est l’arme absolue pour transformer la question posée en plébiscite ou rejet de ce qui se vit sur l’instant.

Et qui n’a, habituellement, que peu de chose à voir avec le fond de la question posée

Bien loin des réalités européennes…

Tout le savoir-faire des politiciens aguerris a été de vous persuader que l’Europe était la source de tous vos maux.

« Well done » !!

Fort de ce constat, reprenons les choses à leur début.

Et voyons, comment faire pour transformer en tremplin cette désolante et désastreuse situation.

Car chacun, dans la continuité de « Transurfing » de Vadim Zeland, est maître de ce qu’il a choisi de vivre.

Je suis un inconditionnel enthousiaste doublé d’un visionnaire aux valeurs démocratiques intangibles.

Voyons comment passer du « à cause de… » au « grâce à… »

Voyons comment transformer en opportunité positive ce cauchemar institutionnel !

Voyons surtout comment tout réinventer autour d’une objectivité lucide et citoyenne.

Quel est, en effet, le facteur commun aux « Leave » et aux « Remain » ?

Notez, au passage, que ces postures se retrouvent toujours exprimées de la même façon quelque soit le scrutin, quelque soit l’endroit du monde où cela se passe ( dans le cadre d’un processus démocratique, bien évidemment ).

Le facteur commun est l’émotion.

Pas la raison. Ou si peu…

Dans votre cas, mes Chers Frères Anglais, cette émotion a pour nom la peur.
Notez bien que cette peur est le fond de commerce de tout politicien rompu aux détournements de la liberté de pensée.

Nous en sommes les témoins ( de plus en plus incrédules ) autant en France qu’aux Etats-Unis, qu’en Russie, qu’au Brésil, qu’en Argentine,qu’au Moyen-Orient, qu’en Chine, qu’en Asie du Sud-Est, qu’au Magreb, qu’en Afrique pour ne citer que des exemples récents…

En fait, dès qu’un enjeu politique se fait jour, les prédicateurs intemporels, les bateleurs des foules à la recherche d’un guide suprême reprennent leur bâton de pèlerin pour arpenter les méandres de nos interrogations existentielles.

Et nous convaincre qu’ils sont la seule issue salvatrice.

« Je vous aurai prévenus : après moi, le chaos » disent-ils tous en cœur.

Chacun avec sa propre capacité de conviction.

Voilà où nous en sommes réduits.

Voilà ce que vous venez de vivre, mes Chers Frères Anglais.

Voilà ce qu’il est essentiel de résoudre aujourd’hui.

Reprenons la théorie du balancier : chaque évènement extrême dans un sens porte en lui-même les germes de son exact opposé afin de retrouver l’équilibre.

Le constat est clair !

D’une part, l’Europe.

L’Europe, cette vielle dame moribonde, depuis longtemps en réanimation, qui n’a pas réussi à perpétuer son énergie créatrice au-delà d’elle-même.

L’Europe, sans descendant naturel, est amenée à disparaître.

Comme toute espèce qui ne se renouvelle pas.

D’autre part, les réactions émotionnelles liées au stress.

Au premier rang desquelles trône la peur.

Cette peur, reine des réactions de repli et d’auto-défense, qui voit son règne amplifié, sur-médiatisé par la horde des annonciateurs de l’apocalypse qui ne savent pas quoi inventer de plus pour devenir leader incontesté.

Merci donc à vous tous.

Merci à vous, Chère Europe désincarnée, pour nous obliger à vous réinventer.

Merci à vous, Chers extrémistes de tout bord pour nous obliger à devenir nettement plus crédibles dans nos actes.

Si nous nous penchons sur les raisons les plus actuelles de ce naufrage européen, que retiendrons-nous ?

Eh bien, la raison essentielle est sans aucun doute la gestion désastreuse de la crise migratoire la plus importante de ce 21ème siècle balbutiant.

Et l’écho incontournable dans notre mémoire collective qu’elle nous impose concernant celles du siècle dernier.

Comment imaginer un seul instant que les 5 millions de personnes fuyant la guerre,en particulier en Syrie ne puissent pas être gérés de façon humaine par l’ Europe et, plus généralement, par le reste du monde ?

Plus de 500 millions de personnes vivent en Europe.

Comment imaginer un seul instant, et de façon crédible, qu’ 1% de sa population supplémentaire puisse représenter un cataclysme absolu ?

Sauf à considérer que cela souligne autre chose…

Ce qui est mis en lumière, encore une fois, est la peur.

La peur de l’Autre, de cet inconnu, de cet étranger…

Le réflexe, classique, est le rejet.

La réflexion, cohérente, objective, lucide est l’accueil.

L’accueil n’a jamais voulu dire l’invasion !

L’accueil n’a jamais déclenché l’effacement…

L’accueil signifie uniquement la capacité naturelle de pouvoir offrir de quoi vivre en sécurité, le temps de l’urgence.

Comme cela n’a jamais été établi, encore moins communiqué, la peur a été le meilleur atout de ceux qui refusent d’accueillir cette part d’humanité en eux-même.

Nous avons vu, de façon extrêmement contagieuse, cette peur se répandre en épidémie.

Nous avons ainsi vécu ce « Tchernobyl humanitaire » au-delà des frontières.

Car, enfin, de quoi s’agit-il vraiment ?

D’accueillir une population de civils qui luttent pour leur survie, dans un pays où ils vivaient jusqu’alors sans jamais avoir eu l’idée de le quitter.

Qui a pensé, relayé, instrumentalisé le fait que ces mêmes civils étaient de perfides manipulateurs qui attendaient le moment opportun pour venir nous envahir ?

Qui n’a pas eu le courage politique pour dire haut et fort qu’il n’en était rien ?

Qui, parmi les opposants forcenés au respect de la dignité humaine a eu un seul instant de lucidité pour se demander ce qu’ils seraient devenus en étant, eux-même à la place de ces populations déplacées ?

Pourquoi tant de haine ?

Pourquoi tant d’égarement ?
Parce que tant de peur…

Pourquoi tant de peur ?

Parce que tant d’imaginaire !

J’ai peur parce que j’imagine…

Alors, oui, l’Europe a une éternelle responsabilité.

Une responsabilité qu’elle n’a pas assumée…

Celle de communiquer sur des valeurs universelles, celle d’agir en équipe et celle d’unir autour de projets où chaque entité puisse se retrouver.

Celle de savoir.

Justement pour ne pas imaginer…

Elle a failli.

Normal, elle est en réanimation depuis si longtemps !…

Que lui manque-t-il, en définitive ?

De la vie en elle, tout simplement !

Une énergie de vie, prompte à donner envie.

Vous savez bien : une dynamique qui donne envie de se rassembler autour de valeurs et d’objectifs universels et attractifs.

Concrètement pour l’accueil de ces personnes qui tentent de survivre, il y a un statut légal tout à fait officiel : celui de protégé.

Inscrit dans les règles européennes et selon l’article L.712-1 du CESEDA.

Vous en avez entendu parlé, vous ?

Le monde politique en a-t-il fait une priorité ?

Vous l’avez lu dans les médias ?

Pourquoi cela n’a pas été communiqué haut et fort, relayé au niveau des plus hautes instances ?

Ces êtres humains, notre propre reflet, sont dénommés «  migrants » ou « réfugiés ».

Une terminologie qui renvoie à la peur…

Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?

Quels intérêts cela peut-il servir ?

Non…

Quand même pas…

Des intérêts politiques, vous pensez vraiment ?…

D’un point de vue humanitaire strict, il est évident qu’une solution aurait du être trouvée pour éviter ce désastre.

Cela nécessite un fort courage : le respect de la vie comme principe inaliénable.

Qu’aurait-il été nécessaire de mettre en place ?

Ici et maintenant ?

Une action digne et commune.

Organiser la priorité de la protection.

Comment ?

En décidant, au niveau européen, de mettre en place l’accueil de ces protégés dans des espaces propices afin de garantir leur sécurité.

En décidant, au niveau mondial et, en particulier à l’ONU, d’imposer l’assistance à tout protégé comme une urgence prioritaire absolue.

En décidant que les frais inhérents à cette prise en charge soient intégralement acquittés par les gouvernements à l’origine de cet exode.

Cela s’ appelle les indemnités de guerre.

Cela pourrait s’appeler autrement. Peu importe.

Qu’aurions nous fait, nous, pendant ce temps ?

Eh bien, ce qui est une priorité naturelle : offrir à tous ces protégés l’accès à la connaissance.

Et nouer avec eux, un partenariat multi-culturel et technologique grâce à la mise en commun des compétences de chacun.

Vous rendez vous bien compte de la puissance de cette action ?

Construire un partenariat avec chacun de ces protégés afin de faire rayonner la connaissance dans des zones jusqu’alors nettement sous contrôle, voire sous emprisonnement de la pensée.

Donner à ces populations la capacité de devenir autonome et libre dans cette pensée.

Qu’en penseraient tous ces totalitarismes, tous ces dictateurs, toutes ces excroissances moyenâgeuses ?

Et, d’après vous, que feraient tous ces protégés, une fois revenus dans leur pays d’origine ?

Ils continueraient, simplement, à cultiver ces partenariats…

Parce que, entre nous, vous êtes-vous déjà interrogés sur l’avenir de l’Europe lorsque 2 milliards d’individus supplémentaires auront accès à internet ?

Vous êtes toujours dans le « à cause de… » ou déjà dans le « grâce à… » ?

Revenons-en maintenant, mes Chers Frères Anglais, au sujet du Brexit.

Eh bien, figurez-vous que ce n’est toujours pas le fond du problème !

Le thème du référendum ( en particulier celui sur le Brexit) a été utilisé à des fins électorales par David Cameron à un moment où il n’était pas du tout d’actualité…

Il a permis une cristallisation de l’opinion autour d’un thème jugé fédérateur.

Et puis, il a fini par arriver dans l’actualité !

Et là, comme à chaque fois que s’organise un référendum, la réponse acquise n’est jamais celle liée à la question…

Demandez au Général de Gaulle !

Il en sait quelque chose…

La distillation, dans l’opinion publique, de l’idée selon laquelle l’Europe est votre vampire économique est tout simplement honteuse.

La distillation, dans l’opinion publique, de l’idée selon laquelle vous alliez être envahis de migrants est tout simplement méprisante pour votre capacité de jugement.

Et pourtant, mes Chers Frères Anglais, ça a marché !…

Cela a si bien marché jusqu’à induire cette victoire du « Leave ».

Dans les heures qui ont suivi, une des promesses du « Leave » ( Réattribuer les 350 millions d’euros hebdomadaires envoyés à l’Union Européenne, directement au NHS, le système de santé ) reprise par tous les ténors politiques de ce camp a été publiquement dénoncée par l’un de ses propres ténors, justement…

Pourquoi, malgré tout, d’après vous, et malgré la dénonciation forte de cette affirmation par le camp du « Remain », cela a si bien marché ?

Tout simplement parce que, comme ici d’ailleurs, les politiciens se croient tout permis.

Il y a une vraie possibilité de changement.

Ici et maintenant.

D’autant plus urgente que la surenchère reste de mise à l’heure des grands duels électoraux.

Coluche disait fort justement : « Les promesses des hommes politiques n’engagent que ceux qui les écoutent… »

Alors, faisons une loi universelle.

La politique est une affaire de professionnels, comme chacun le sait bien…

Eh bien, demandons des comptes à ces professionnels !

Et arrêtons de leur donner un blanc-seing qui leur permette de se présenter, de faire des promesses, d’être élus, de ne pas tenir leurs engagements, de continuer à se représenter et de ne pas plus tenir leurs nouveaux engagements.

Etablissons une charte universelle pour la moralisation de cette activité professionnelle.

En effet, pourquoi cette profession serait-elle au dessus des lois qu’elle édicte et qui s’appliquent à tous les autres professionnels ?

Dès qu’un homme politique ment, affirme des choses qu’il sait fausses, cache des informations essentielles, trompe ou omet intentionnellement des faits, il est automatiquement exclu de son activité et dans l’impossibilité de se représenter pour le mandat qui suit.

Il peut aussi, bien évidemment et selon la gravité de ses manquements, être jugé pour cela.

D’autre part, concernant les propositions économiques, serait mise en place la nécessité de pouvoir les faire chiffrer réellement par un cabinet-expert indépendant.

Ce rendu publique officiel engagerait ce cabinet-expert dans ses analyses.

Mais, surtout, cet homme politique ainsi que son parti seraient directement engagés financièrement en cas de manquement avéré aux engagements pris.

Pourquoi les Chefs d’entreprise en répondent-ils sur leurs deniers personnels et pas ceux qui ont en charge la conduite de l’Entreprise-Nation ?

D’ailleurs, nous ferions bien aussi d’ instituer une loi selon laquelle les parachutes dorés s’effacent automatiquement et ce, pour les mêmes raisons…

La voix du peuple a rendu son verdict.

La sortie parait maintenant inéluctable.

Eh bien, tant mieux, mes Chers Frères Anglais !

Pour plusieurs raisons, d’ailleurs.

La première est le passage de « à cause de… » à « grâce à… »

La seconde est de démontrer le bien-fondé de l’appartenance européenne.

Pour cela, je vous suggère de créer un cabinet fantôme toujours intégré dans l’Europe et de montrer inlassablement à quel point toutes les décisions politiques, économiques, sociales qui seront prises par le futur gouvernement vous seront moins favorables.

La troisième est de donner vie à cette nouvelle Europe.

Cette nouvelle-née ( et bien née !) dans laquelle chaque pays se sentira naturellement attiré.

Cette adhésion commune pour un projet de bâtisseurs.

Enfin !!

Je pense que ce projet est probablement le plus ambitieux du 21ème siècle.

Car il induit, de fait, une potentialité jusqu’à présent inexistante.

Faire de l’Europe une réalité politique, sociale économique.

Et vous y avez toute votre place…

Cela va sans dire.

Et d’après vous, que va-t-il se passer ?

Eh bien, toute l’Angleterre finira par demander son adhésion…

« La traversée du désert pour mieux renaître… »

Comme vous l’aurez bien compris, mes Chers Frères Anglais, vous êtes les plus européens !

Parce que les plus exigeants, sans doute.

Avec, de façon indissociable, la volonté de faire de cette Europe le plus bel endroit où il fasse bon vivre…

Mes Chers Frères Anglais, je vous dis merci encore une fois…

Merci pour votre courage et votre sursaut immédiat.

Merci d’être qui vous êtes !

Je ne vous dis pas à bientôt…

Je vous dis à tout de suite !

You’re welcome…

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