La clef de voûte

Nous avons perçu comment les piliers de la personnalité constituent et déterminent l’édification de notre comportement.

Nous allons mettre en oeuvre aujourd’hui la clef de voûte afin de leur permettre de tenir debout sans vaciller.

En effet, l’impact de tous les facteurs environnementaux déclenche sur notre plan de construction une orientation invisible et néanmoins très présente.

La réalité de cet état de fait indique à quel point nous sommes « enchaînés » à nos modèles et directement formatés par les attentes des architectes qui interviennent avant nous sur notre propre réalisation.

C’est la raison pour laquelle nous oscillons en permanence entre le désir de plaire et la volonté de respecter ses propres valeurs.

Dès lors qu’elles sont établies !

Le réflexe de l’amour conditionnel empêche, comme nous l’avons vu, l’élaboration d’un ensemble de valeurs personnelles indépendantes et stables.

D’où l’oscillation.

Et le risque d’effondrement…

Cette clef de voûte que nous allons élaborer au décours de notre cheminement de vie permet une harmonisation des différentes forces qui impactent notre cathédrale.

Afin de lui offrir une assise et un tremplin simultané.

Pourquoi n’avons-nous pas cette possibilité inaugurale de couler dans le béton nos piliers de vie ?

Indépendamment de toutes les raisons extérieures que nous avons détaillées et qui nous empêchent de l’effectuer, il y en a une qui nous appartient et que nous vivons, la plupart du temps, comme un handicap.

En fait, un handicap et une impuissance.

C’est même la plus grande inertie que je connaisse…

Elle se nomme : le manque de confiance en soi.

« Comment puis-je m’affirmer naturellement, alors qu’au fond de moi, je sais que je suis nul, que les autres sont meilleurs que moi et que de toute façon, ils réussiront obligatoirement mieux que moi ? »

D’où, le : «  Pourvu qu’ils soient contents de moi. »

« Au minimum… »

« Par pitié… »

Ce que nous pouvons résumer par : « Je donne le maximum pour le minimum ».

En termes d’efficacité et de perspectives d’évolution, il y a mieux !

En termes de rétraction de l’esprit et d’inhibition comportementale, il n’y a pas pire !

D’où, spontanément, l’attitude du perfectionniste sacrificiel que vous commencez à savoir déceler…

Pour aller encore un peu plus loin dans la compréhension des modes de fonctionnement, le manque de confiance en soi est directement lié au manque d’estime de soi.

«  Comment puis-je faire confiance à quelqu’un qui ne vaut rien ? »

Imparable.

D’autant que toutes ces tergiversations restent inconscientes donc invisibles.

Par contre, ce qui nous submerge et qui en est la conséquence immédiate, s’appelle la rumination.

Elle nous conduit immanquablement à faire du sur place.

En langage de bâtisseurs, cela s’appelle du ciment à prise très rapide.

Nous y plongeons la truelle et, instantanément, elle reste immobilisée. Prise au piège.

Comme notre esprit.

 

D’où les outils à conserver dans sa besace :

Rester au contact de la réalité du présent : cette perspective nous permet d’envisager le quotidien comme une dimension neutre et non pas comme une répétition en boucle de nos difficultés ayant pu exister dans le passé.
Vous connaissez la vitesse effroyable des croyances qui deviennent, par le jeu très destructeur de la rumination, de splendides certitudes.

2) Se pardonner : toutes les blessures de vie héritées du passé nous conduisent à valider l’idée selon laquelle nous ne pourrons jamais faire mieux.
Que nous sommes éternellement irrécupérables pour vivre autrement que ce que nous avons déjà vécu.

3) Comprendre ses peurs pour les gérer : envisager ce qui fait le plus peur comme n’étant pas qu’une invention de l’imaginaire mais comme étant potentiellement ce qui « va » se produire !
Et lui trouver une solution qui permette de la dépasser.

4) Accepter que la peur soit paralysante : elle induit dans sa façon d’exister une conséquence d’évitement classique et lourde à trainer…
Qui se nomme la procrastination.
Cela signifie que nous remettons à demain ce qui était déjà urgent avant-hier.
Avec, dans l’esprit, une amplification d’incompétence et d’inconsistance liée à cet « évitement-repoussoir ».

5) Arrêter de se juger… Et de se condamner : le réflexe, par définition instinctif, de se considérer toujours fautif induit une posture d’auto-critique permanente.
Cela amplifie automatiquement la vision négative que l’on cultive méticuleusement concernant sa propre capacité à exister de façon positive.

6) Entretenir un dialogue intérieur : accueillir ses émotions pour mieux se comprendre.
Avoir toujours en soi, toujours avec soi, son meilleur ami, son confident, son compagnon d’infortune, son frère de sang. Celui avec qui échanger sur tout est naturellement possible.
Etre son meilleur ami. Pour traverser les incertitudes, les doutes et les impasses.
Pour, surtout, ne jamais rester seul à s’interroger en cercle vicieux.
Pour élaborer un échange symbolique permettant de faire évoluer la pensée.

7) Cultiver, à travers ces échanges, l’art et la conduite du changement. Car l’essentiel de l’évolution réside sur le fait d’accepter de considérer les faits du quotidien sous un angle différent et une perspective novatrice.
Garder l’esprit en éveil au-delà des préjugés habituels.

8) Savoir faire la différence entre une émotion mentalisée et une réflexion.
Il est très difficile, en effet, de considérer que ce que l’on peut dire ne corresponde pas à une réflexion.
Car, naturellement, à partir du moment où nous mettons en mots nos émotions, nous considérons que les mots employés témoignent d’une pensée élaborée.
Grave erreur !
Mais tellement répandue…
Qui d’entre nous n’a jamais dit ou entendu, face à une personne qui s’est mise en colère et qui a proféré des flots d’expressions à l’emporte-pièce : « Puisque tu l’as dit, c’est que tu le penses… ».
Et de rester mordicus focalisé sur ces paroles ?
Qui d’entre nous n’a jamais dit ou entendu quelqu’un sous le coup de la surprise, de l’émotion, de la douleur ou de la joie, exprimer des mots instantanément. et induire ainsi, potentiellement, chez son auditeur une certitude liée à cette élocution ?
En définitive, ces exemples témoignent d’une émotion mise en mots, selon un réflexe.
Or, dans un réflexe, il n’y a aucune réflexion…
Que de quiproquo, en fait.
Mais ces mal-dits transformés en mal-entendus impliquent des mal-compris et aboutissent à un mal de vivre.
Mal de vivre toujours ruminant…
La boucle est bouclée !
La « vraie » réflexion s’élabore dans le temps et l’apaisement des émotions.

9) Cultiver le doute positif : rester à l’écoute de ce qui s’exprime et accepter de le voir sous un angle différent, parfois même contradictoire. Juste pour soupeser deux avis dissociés de façon objective.
Puis faire le point et choisir ce qui nous apparaît comme étant le plus en adéquation avec nos valeurs.
Savoir reconnaitre l’évolution de la pensée comme un plus essentiel et non comme une marque d’incertitude, de changement d’avis intempestif ou de signe d’incapacité chronique.

10) S’affranchir de l’idée que l’on se fait de ce que les autres vont pouvoir penser de nous en fonction de ce que nous imaginons qu’ils aillent interpréter.
Monter dans le grand huit de la fête foraine donne moins de vertiges…
Nous collectionnons les biais interprétatifs et aboutissons à une cruelle évidence : nous sommes parfaitement persuadés que ce que nous pensons est absolument cohérent et totalement partagé par tous ceux qui nous regardent.
Pas d’alternative à la vérité. A celle que nous posons sur un piédestal conforme à nos craintes…
Que nous sommes les plus prompts à aggraver.

11) Sortir du « oui, comme tu veux ». Celui qui fait toujours plaisir. Celui qui nous diminue toujours un peu plus.
Pour accéder à : « je te dis oui parce que je pense oui, sinon je préfère te dire non »
Nous allons, dans ce cas, pouvoir construire une relation d’authenticité avec notre interlocuteur parce que nous sommes déjà en cohérence avec soi-même.

12) Chaque jour, identifier un aspect du quotidien où nous masquons la réalité. Pour des raisons qui ont toutes trait à la peur d’être mal jugés.
Et envisager de le réévaluer au point de supprimer cette posture mensongère.
Pour commencer à poser de l’harmonie dans notre façon de vivre…

13) Commencer à faire de cette pratique récurrente, une habitude qui touche toutes les facettes de nos échanges.
Cela soulage d’autant plus que les stratagèmes élaborés pour maquiller la réalité sont extrêmement consommateurs d’énergie et grands pourvoyeurs de stress.

14) Accepter que tous ces outils existent dans notre besace mais ne soient pas forcément maitrisées.
Au point de les avoir avec soi mais de ne pas pouvoir les utiliser seuls spontanément.
Sans considérer cette situation comme une marque (indélébile) d’insuffisance.

15) Apprendre à s’aimer. Naturellement.
Et pouvoir conclure, à chaque instant où cela semble nécessaire : « Je suis tel que je suis et je m’aime tel quel »

Voici donc la besace nécessaire et suffisante pour affronter ses démons intérieurs.

Pour soi.

Jamais contre les autres.

La perspective d’évolution repose essentiellement sur l’apprentissage de l’utilisation adéquate de toutes ces ressources.

Parce que nous le percevons tous : « Ce n’est pas parce que je sais que je sais faire » !

Nous aurons, bien sûr, l’occasion de reprendre plus en détails cette liste essentielle.

En route pour cette aventure de vie où l’apprentissage de ces principes d’épanouissement va créer en nous les perspectives attractives d’une affirmation de soi salvatrice, douce et source de convivialité…

Une clef de voûte à conserver minutieusement dans notre trousseau de passe-partout…

 

2 réflexions au sujet de « La clef de voûte »

  1. C’ est fou comme j ‘ ai l impression de revivre mes séances à chaque fois que je lis un de vos articles ! Que d’échos ! Des passages d’ interrogations aussi…
    Mais Merci beaucoup !
    Cela permet de refaire le point !

    Bonne soirée

    • Bonjour Pauline,
      Merci pour ce témoignage.
      En effet, cultiver un cheminement apprend à « respirer » spontanément les réflexions essentielles qui nous impactent.
      Il est toujours très positif de se sentir baigné de cette atmosphère naturelle et de pouvoir y rattacher les diverses rencontres établies dans notre quotidien.
      En particulier, la lecture des articles d’openstress !..

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