L’éthologie pour mieux comprendre notre condition humaine…

Connaissez-vous l’éthologie ?

Souvent confondue avec l’ethnologie qui, elle, fait partie des sciences humaines et sociales ayant pour but  de concevoir des études comparatives et explicatives de l’ensemble des caractères sociaux et culturels des groupes humains formant des ethnies.

On appelle ethnie tout groupe social de personnes qui s’identifient entre elles sur la base d’une ascendance, d’une culture ou d’un vécu communs.

L’éthologie est l’étude du comportement des diverses espèces animales dans leur milieu naturel ou dans leur espace de vie apprivoisée.

L’éthologie moderne est l’héritière des travaux de Konrad Lorenz, Nikolaas Tinbergen et Karl von Frisch (qui reçurent le prix Nobel en 1973).

Que vient faire l’éthologie dans le monde de la gestion du stress et, plus généralement, dans celui de la gestion des émotions et de la construction d’un espace de mieux-être ?

Laissez-moi vous raconter une histoire…

L’histoire de l’humanité à travers le temps !

Mais, au préalable, faisons le constat de la naissance chez les mammifères.

Savez-vous, à ce moment-là précis, quelle est la différence entre un chaton, un chiot et un nourrisson ?

Avez-vous pu observer ces tout premiers instants de vie chez ces trois représentants de l’espèce des mammifères ?

Lorsque vous assistez à leur naissance, rares sont ceux qui vont se poser cette question, je vous l’accorde !

Mais il est essentiel de comprendre les mécanismes en jeu afin de percer le mystère de certains comportements ultérieurs…

Pour le chaton et le chiot, instinctivement, ils vont avoir le réflexe qui assure leur survie.

Que le nourrisson n’a pas.

Qu’il ne peut pas avoir.

Ce réflexe vital est le suivant : instinctivement, ils vont chercher immédiatement à aller téter.

Pourquoi donc le nourrisson n’a-t-il pas ce réflexe ?

Pourquoi, sans aide extérieure, va-t-il obligatoirement mourir ?

La raison est liée à l’évolution de notre espèce.

Je vous emmène à la recherche de nos origines !

Vous savez bien, il y a quelques milliers d’années..

Lorsque nous sommes descendus de notre arbre, plus exactement.

Nous avons découvert un autre monde.

Cette révolution s’est accompagnée, bien avant les savantes explications de Darwin, de multiples modifications de notre comportement.

La plus importante fut, sans aucun doute, notre capacité à nous adapter à un monde hostile.

Pour ce faire, nous avons utilisé toutes les ressources dont nous disposions.

En particulier, celle de créer et d’innover.

Comme vous le savez, notre berceau se situant en Afrique, en touchant la terre ferme, un problème majeur s’est posé : nous ne voyions rien !

Et pour cause !

Les herbes hautes de la savane empêchaient n’importe quel quadrupède de taille petite à moyenne de voir.

Notre cerveau reptilien associé à notre cerveau limbique et, somme toute, aidé par les prémices de notre néocortex a élaboré une solution qui, aujourd’hui plus que jamais, concerne tous les nourrissons.

Nous sommes devenus des bipèdes !

Cette histoire pourrait paraître anecdotique si elle ne nous concernait pas autant sur le plan du conditionnement émotionnel.

En effet, d’un point de vue anatomique et physiologique, le fait de se tenir debout a engendré des modifications extrêmement importantes au niveau de notre corps.

Afin de pouvoir répondre aux contraintes physiques de la station debout et  supporter le poids du corps sur deux jambes, l’évolution a abouti à un renforcement des lignes de force au niveau des membres inférieurs.

Pour coordonner cette réorganisation, le bassin, lui aussi, a subi des modifications.

Afin de répondre correctement aux exigences physiques, il s’est renforcé.

La seule possibilité accessible fut de réduire son volume, pour concentrer sa capacité à supporter les contraintes supplémentaires.

Car les membres antérieurs devenant des membres supérieurs, ils n’entraient plus dans l’équilibre statique habituel des quadrupèdes.

Si le bassin diminue de volume, de facto, le reste des organes qu’il abrite aussi.

La filière génitale s’est elle-même adaptée aussi.

Pour perpétuer l’espèce, il y a eu aussi une modification des conditions de gestation.

Puisqu’il était nécessaire de corréler le développement du foetus au passage possible lors de l’accouchement.

Concernant le nourrisson, vous ne serez pas surpris d’apprendre que le volume le plus important est représenté par la tête.

Dès lors, une réévaluation de la formation du foetus devenait obligatoire.

Avec, à la clé, une modification de taille : le nourrisson devait naître avec un volume maximal contrôlé.

Donc un volume crânien étudié.

Ce qui implique un volume cérébral réorganisé.

En d’autres termes, l’accouchement doit avoir lieu avant que le volume du cerveau ne soit trop important et empêche le passage naturel au niveau de la matrice maternelle.

Ce qui fut réalisé !

L’impact au niveau de la formation cérébrale fut considérable.

Le nourrisson naît donc dans un état d’immaturité neurologique du fait de ce volume réduit.

Les fontanelles assurent un système de régulation, en permettant une légère adaptation des os constitutifs de la boîte crânienne.

Mais le plus important est à venir.

Cette immaturité neurologique induit l’absence, à la naissance, du réflexe qui conduit tous les autres mammifères à se déplacer pour aller naturellement téter leur mère.

Elle induit aussi une totale dépendance à la mère et, plus généralement, à ses géniteurs.

Quels impacts cela va-t-il engendrer au niveau de la construction de la personnalité ?

Eh bien, cette dépendance totale va créer une volonté de fusion permanente.

Et une dépendance affective, de surcroît.

Avec, en corollaire, le désir affirmé de retrouver, au-delà du temps, la satisfaction absolue de vivre cette fusion.

En particulier dans le domaine affectif.

Nous y reviendrons plus longuement dans un article dédié à ce sujet.

Pour l’heure, le nourrisson joue son va-tout le jour de sa naissance !

En effet, au sujet de ses propres émotions, l’une d’entre elles est particulièrement ravageuse et anxiogène :  » comment faire pour être assuré qu’ils me gardent ? Sans eux, point d’avenir ? « 

Nous verrons, la semaine prochaine, quels sont les mécanismes conscients et inconscients qui sont mis en jeu dans cette quête de sécurité vitale pour le nourrisson.

Et nous percevrons à quel point ils sont signifiants dans la construction de la personnalité…

 

 

 

4 réflexions au sujet de « L’éthologie pour mieux comprendre notre condition humaine… »

    • Bonjour JeanPhi,

      La quête de sens passe d’abord et avant tout par la connaissance de soi et du monde qui nous entoure…
      Vaste cheminement et passionnant chemin de progression !
      Ensemble, partageons nos expériences et mettons en commun nos acquis : nous nous approcherons encore plus de la lumière.

  1. Il est vrai que nous sommes toujours à la recherche de cette fusion. Moi même encore à l’âge de 34 ans bientôt, je prends encore un grand plaisir à me blottir dans les bras de ma mère. Mes enfants également même si ils sont encore petits, ont besoin de venir se blottir pour retrouver je pense les sensations de sécurité, chaleur, réconfort qu’il trouve auprès de leur mère et / ou de leur père.
    Je suis addicte aux calins, mais ca me permet de recharger émotionnellement mes batteries néanmoins le piège et la réalité sont que dés que l’on se dispute ou se fâche le sentiment d’insécurité est grand! Pas facile tout ça.

    • Bonjour Juju,

      Comment imaginer remplacer le bonheur d’un câlin ?…
      L’essentiel est de pouvoir l’apprécier. Vraiment.
      D’où, en effet, la possibilité de transformer le besoin en envie.
      Vaste programme !
      Belle piste d’envol…

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