Une nouvelle société

L’accélération du temps nous donne l’impression qu’il se compresse à mesure que le quotidien enchaine les informations instantanées et nous entraine dans le tumulte d’un raz-de-marée perpétuel où leur communication, telle l’écume de la vague, nous abreuve des moindres détails de ce qui se passe à l’autre bout du monde.

Cette frénésie hyperactive est la continuité d’un changement de comportement social ancré dans nos habitudes, sans que nous ne l’ayons véritablement anticipé

La possibilité offerte à chacun de pouvoir être visible de tous, à travers la technologie débridée de nos outils informatiques, permet d’avoir son «  quart d’heure de célébrité » à chaque instant.

Les réseaux sociaux sont la partie émergée d’une vaste révolution comportementale qui témoigne de la réalité d’une nouvelle société.

La plupart d’entre nous pense que le monde change.

Je suis au regret de spécifier qu’il n’en est (presque) plus rien.

Le monde a changé.

Quoique nous en pensions, le changement fait déjà partie du passé.

Puisqu’il a donné naissance à des applications pratiques qui ont modifié nos façons d’entrevoir la réalité.

La grande majorité d’entre nous ne les connait pas encore, et pourtant !

Voici un brillant exposé des mutations établies qui nous offrent les saveurs d’un futur décliné au présent :

Changer le destin de l’humanité

Ces perspectives accessibles induisent une révolution dans nos habitudes de vie et, nécessairement, dans nos façons de penser.

Comment accompagner ces ruptures comportementales afin qu’elles soient intégrées dans une dynamique plus générale d’évolution de la conscience ?

Nécessairement, en posant du sens…

A ce sujet, il est essentiel d’entrevoir que le sens concerne chaque espace de vie : personnel, relationnel et professionnel.

Au niveau personnel, la révolution concerne la gestion des freins.

Tous les freins qui sont à l’oeuvre face au changement : la fidélité au modèle, les peurs, la volonté d’une maîtrise permanente…

Au niveau relationnel, cela touche notre capacité à développer d’autres sources et d’autres façons d’être en lien : cultiver la profondeur d’une relation autrement que par la transmission d’informations sur les réseaux sociaux.

Par exemple, dans le monde associatif où la nature du lien correspond d’abord et avant tout au partage de valeurs.

Au niveau professionnel, l’impact est encore plus important : comment envisager d’autres références pour construire ensemble la perspective d’une amélioration économique individuelle et, en même temps, solidaire?

De nouveaux modèles émergent…

A ce sujet, nous avons participé à la conférence « L’entreprise, un acteur au coeur de la société : défis et perspectives dans un monde en mutation? »

La Fondation Croissance Responsable a organisé cette rencontre pour fêter ses 5 ans.

Ce fut un moment rare où les différents intervenants ont dessiné les bases de nouvelles fondations concernant le monde du travail .

Chacun amenant sa pierre à l’édifice afin de sculpter ce que sera le monde de l’entreprise version «  demain », en débutant les travaux dès aujourd’hui.

Deux tables rondes ont eu lieu :

La première intitulée : «  le bien-être et le besoin de sens, nouveaux facteurs de développement économique? »

La seconde : « l’entreprise a-t-elle un rôle à jouer en matière d’ascenseur social ? »
Le tour de force réalisé fut de réunir autour de ces thématiques essentielles des acteurs référents du monde professionnel.

Chacun ayant pu apporter, au-delà de son expérience, une vision pertinente qui s’est incluse dans le socle commun : l’exemple concret de ce que l’intelligence collective peut créer de meilleur.

A titre d’informations, voici la présentation des intervenants.

Vous y découvrirez surtout leur parcours et comprendrez d’autant mieux la pertinence de leur présence autour de ces thèmes.

Christian Poyau : Président des fondateurs de la Fondation Croissance Responsable, Président de la Commission transformation numérique du Medef, PDG de Micropole, entreprise de pilotage de la performance et de la gouvernante des données numériques. Elle compte 1100 collaborateurs et réalise un CA de 100 millions d’euros.

Selim Allili : Associé au cabinet de conseil ID+, il accompagne les acteurs économiques et institutionnels dans leur démarche d’innovation et de développement stratégique. Il poursuit actuellement une thèse en science politique sur le rôle des think tanks dans la gouvernance européenne.

Muriel Barnéoud : PDG de Docapost, (4500 collaborateurs, CA 450 millions d’euros), spécialiste de la transition numérique et mobile des entreprises et des institutions. Elle est membre du Conseil d’administration de France Silver Eco ( association qui oeuvre à l’émergence d’un écosystème fiable et soutenable dans la santé à domicile et l’autonomie)

Laurent Bigorgne : Directeur des études de Sciences Po,Directeur de l’Institut Montaigne ( laboratoire d’idées élaborant des propositions autour de 4 axes de politiques publiques : action publique, cohésion sociale, compétitivité et finances publiques)

Christophe Chevalier : Président du groupe Archer ( Groupe économique solidaire) qui multiplie les actions sur les zones de sinistre économique. Il a mis en place une coopérative d’activité et d’emploi ainsi qu’ une école de l’entrepreneuriat. Il a reçu le prix de l’entrepreneur social 2011.

Pierre Ferracci : Président du groupe Alpha ( 1150 collaborateurs, spécialisé dans les relations sociales et le développement local), Président du Conseil national éducation-économie ( instance de dialogue et de prospective qui vise à mieux articuler les enjeux éducatifs et les enjeux économiques) et membre du Conseil d’Orientation pour l’Emploi.

Claire Gaymard : Présidente de Général Electrics France, Présidente de la Chambre de commerce américaine en France, Présidente du Women’s Forum for the Economy and Society, Présidente du fonds de dotation Raise qui accompagne les entreprises françaises en phase de développement.

Sébastien Henry : Ancien dirigeant d’entreprise, coach spécialiste dans l’accompagnement de dirigeants soucieux de concilier leur exigence d’excellence professionnelle avec leur quête de sens et d’apport de contribution maximale à la société.

Alexandre Jost : Fondateur de la Fabrique Spinoza ( think tank du bonheur citoyen) et membre de la commission présidentielle Attali II sur l’économie positive.

Isabelle Musnik : Fondatrice et directrice générale d’ INfluencia ( Revue décryptant tous les comportements, les tendances de notre société autour de l’innovation, de la communication et du marketing), auteur de rapports internationaux sur la mobilité des étudiants et les évolutions dans l’enseignement supérieur en Europe qui ont donné naissance au projet Erasmus.

Frédéric Tiberghien : Président de Finansol ( Organisme de financement solidaire), auteur de « Des hommes et des valeurs », « Le rapport qualité / temps dans la performance de l’entreprise », « La course du temps ou encore le travail, une chaîne sans fin ? »

EcoRéseau : Journal mensuel ayant pour vocation de décrypter les grands sujets d’actualités économiques, numériques et sociétales au service de l’entrepreneuriat, de l’emploi, de l’innovation et de l’environnement.

Les différentes contributions ont permis de définir les axes principaux de cette mutation entrepreneuriale qui nous concerne au quotidien.

Le premier axe concerne la qualité de l’enseignement et sa juste adéquation par rapport aux défis économiques actuels et à la réalité du monde de l’emploi en 2015.

Le second axe souligne la nécessaire priorité de poser du sens sur le concept de travail, de construire un socle de valeurs permettant à chacun d’adhérer aux perspectives liées à l’emploi et de considérer le bien-être comme un facteur supplémentaire de motivation et d’efficience professionnelle.

Le troisième axe considère l’espace de la solidarité comme une référence dans l’activité entrepreneuriale.
Qu’elle s’exprime sous la forme de l’économie collaborative, du commerce participatif, du crowdfunding ou de l’intelligence collective.

Voilà donc les orientations fondamentales préfigurant les nouvelles références dans le monde économique qui est le nôtre aujourd’hui.

A nous de les intégrer dans notre mode de pensées.

A moins d’être aveugle à l’avènement de cette nouvelle société dans laquelle nous vivons déjà…

2 réflexions au sujet de « Une nouvelle société »

  1. Merci David,
    pour cet article bien actuel quand on voit les taxis préférer brûler des voitures, plutôt que de se mettre autour d’une table pour réfléchir aux inévitables changements.

    En même temps les évolutions sont si rapides qu’elles ne laissent pas le temps necessaire à de possibles adaptations.
    Jeanphi

    • Bonjour JeanPhi,
      L’actualité confirme exactement nos réflexions. Dans tous les domaines et, en particulier, celui brûlant, des chauffeurs de taxi.
      Plus généralement, tout changement induit une posture en deux temps.
      Le premier correspond à une réaction immédiate, à chaud, instinctive, réflexe, au contact des émotions et des peurs.
      Le second est distancié par rapport aux ressentis et permet une réflexion constructive.
      J’invite tous les acteurs à accueillir ces deux temps et à envisager un échange uniquement lors du second…
      Ceci dit, le problème crucial que pose ces évènements à connotation professionnelle réside dans la nécessaire adaptation de nos habitudes d’activité liées à nos principes séculaires référents.
      Et qui ,aujourd’hui, le sont de moins en moins chaque jour.
      Comment envisager une véritable réflexion sur ces mutations indispensables autant qu’incontournables et proposer de bâtir cette nouvelle société ?
      Le chantier est grand !…

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